Article du Sud Ouest du : 20 / 11 / 2012

L’art de cultiver son jardin

Les stagiaires apprennent à se servir des engins pour préparer le terrain.

PHOTO é. A.

Des jardins familiaux vont éclore au printemps

sur les hauteurs d’Hendaye

 

Ces jardins seront au-dessus du quartier Laparka, après la déchetterie de Chacamarteguia, face à la baie, une vue à couper le souffle propice aux méditations bucoliques et une exposition idéale pour les petits légumes. Ce terrain communal de 4 100 m2 a été sauvegardé par le PLU et le sera encore plus par les cultures.

Entre 35 et 40 parcelles seront attribuées, chacune faisant une superficie de 75 à 100 m2. Ce projet, porté par l’élue Lou Bruant, a mûri pendant trois ans avant de voir les premiers débroussaillages en juillet dernier.

Une grande première Cet endroit, aussi appelé par les Hendayais « Le Pylône », est desservi par plusieurs chemins. Les jardins familiaux seront les premiers à Hendaye, mais Lou Bruant souhaite les étendre si du foncier est encore disponible et bien placé. Elle rêve même d’en installer au pied des logements sociaux.

Ce projet est porté par Labo, un organisme de formation, en collaboration avec le CDFAA (Centre départemental d’apprentis agricoles des Pyrénées-Atlantiques) d’Hasparren et Atherbea (ateliers et chantiers d’insertion).

« Nous avons monté le dossier avec les serres municipales et Labo a été très intéressé. Notre projet a été retenu grâce à son aspect très novateur et bien dans l’air et l’économie du temps ». Sur les douze stagiaires accueillis jusqu’au printemps, quatre sont bénéficiaires du RSA et ont un projet professionnel dans les travaux paysagers. Cinq sont d’Hendaye.

Ce travail est qualifiant. Les apprentis suivent des cours théoriques aux serres municipales. Le coût de cette opération est évalué à 73 000 euros. Le Conseil régional a apporté 48 000 euros, le Conseil général 25 000 euros.

Un espace de réception et une cabane commune sont prévus. Chaque jardinier aura un cabanon de 3 m2 et trois robinets rempliront les arrosoirs. Une grande allée centrale desservira les parcelles qui seront séparées par des lisses et des groseilliers ou framboisiers formeront une haie naturelle. En outre, un chemin et une parcelle seront réservés aux personnes à mobilité réduite.

Une association est en cours d’immatriculation qui adhère à la Fédération nationale des jardins familiaux. « Le cahier des charges et le règlement sont très stricts et l’avantage de faire partie de la Fédération nationale des jardins familiaux, est qu’il est prévu une couverture responsabilité civile », a indiqué Lou Bruant. Une cotisation sera demandée.

Rotation Le projet a été discuté lors du dernier Conseil municipal, notamment à propos de la participation de la ville aux repas des apprentis. Kotte Ecenarro a rajouté que la politique de l’aide alimentaire dans le département, reposait en partie sur les jardins familiaux.

Le CCAS est chargé des critères d’attribution. Ces jardins seront réservés pour 25 % à une population bénéficiaire du RSA, 25 % aux retraités, 25 % à des jeunes et 25 % à des familles. En outre, il faut être Hendayais et ne pas posséder son propre jardin.

Pour éviter les « jardins à vie », Lou Bruant, précise qu’« une rotation pourra intervenir si des personnes ne sont plus admissibles pour diverses raisons, notamment le défaut d’entretien », et que « les jardins ne seront pas remis “de père en fils”, compte tenu justement des critères d’attribution ».

En tout cas, Steve, l’un des stagiaires a trouvé sa vocation : il est bien décidé à devenir jardinier-paysager.

Édith Anselme